LES DEPUTES MPF AU PARLEMENT
PM. Coûteaux
P. Louis
P. de Villiers
INTERVENTIONS ET TRAVAUX
Interventions en séances plénières
Autres travaux parlementaires
Interventions hors Parlement
BIBLIOGRAPHIE
COMMUNIQUES DE PRESSE
ARTICLES DE PRESSE


ACTUALITES > LA CONVENTION SUR L'AVENIR DE L'EUROPE

Faut-il protéger la diversité linguistique au moyen d'une Constitution européenne ?
par Georges Berthu, le 24 septembre 2002

On rencontre parfois l'idée, dans les milieux souverainistes, qu'une solution pour préserver en Europe la diversité linguistique serait d'en inscrire le principe dans une future Constitution européenne. Les articles subséquents proclameraient que les langues officielles des Etats membres sont ipso facto les langues officielles de l'Union ; ils obligeraient les institutions européennes à respecter le plurilinguisme ; ils renverraient à un code de bonne conduite, dont l'application serait contrôlée par un "médiateur aux langues" ; ils reconnaîtraient aux pays membres le droit de participer à des communautés linguistiques et de coopération débordant les frontières de l'Union...

Tout cela est excellent, et nous souhaitons que de telles clauses soient introduites dans un traité refondateur. Mais attention au piège de la Constitution ! Ses promoteurs font croire qu'une Constitution européenne "protègerait les nations", et notamment qu'elle seule aurait la force suffisante pour protéger les langues. Ils font la même promesse à chaque groupe particulier de la société civile (famille, handicapés,...), les amenant aussi à soutenir l'idée de Constitution européenne à partir du moment où celle-ci contiendrait une phrase sur leur "boutique".

Pour ce qui concerne les défenseurs de la francophonie, ils doivent savoir qu'à partir du moment où serait instituée une Constitution supranationale, ils ne contrôleraient plus rien. Ils se retrouveraient minorité dans un ensemble qui reprendrait aussitôt sa marche vers l'unification, d'autant plus invinciblement que le facteur de blocage constitué par le pouvoir des nations aurait été levé.

On ne peut pas protéger durablement son identité si l'on ne possède pas soi-même le pouvoir de la protéger.

Nous voulons un traité refondateur qui reconnaîtra que les Constitutions nationales forment le droit supérieur de l'Union et qui, par le fait même, reconnaîtra les clauses nationales telles que celle figurant à l'article 2 de la Constitution française : "la langue de la République est le français".

On peut, si l'on veut, compléter ce principe par des mentions sur le plurilinguisme, le code de bonne conduite, la géométrie variable des langues. Mais il est nécessaire que notre objectif prioritaire soit l'adoption d'un traité refondateur. La stratégie d'acceptation d'une Constitution supranationale en échange de la promesse d'un respect futur du plurilinguisme est une stratégie de désespoir.

Retour Commentaires