ACTUALITES > LA CONVENTION SUR L'AVENIR
DE L'EUROPE
La "Convention des Jeunes"
: une opération téléguidée comme
on n'en voudrait plus
17 juillet 2002
Du 9 au 12 juillet 2002 s'est réunie
à Bruxelles une "Convention des Jeunes"
composée de 210 jeunes de tous les pays d'Europe,
choisis par les membres et les suppléants de la Convention
officielle. Elle était supposée apporter des
idées neuves à l'autre Convention.
En réalité, il est vite apparu
qu'il s'agissait d'une opération médiatique
de pure façade, comme les eurocrates ont l'habitude
d'en organiser. Le président, la majorité
du "présidium", la majorité des
membres, ainsi que les trois rapporteurs des trois groupes
de travail de cette "Convention des Jeunes" appartenaient
à des organisations membres du "European Union
Youth Forum", véritable créature de la
Commission (comme il en existe tant à Bruxelles),
qui ne lui alloue pas moins de 1 500 000 € de subventions
directes par an (vous avez bien lu : près de 10 millions
de francs de subventions).
En fait d'idées neuves, on ne sera
pas surpris d'apprendre que la Convention des Jeunes a adopté
un texte final qui présente des propositions ultra-fédéralistes
: Constitution européenne, mise en place au niveau
européen d'un système bicaméral, abolition
du compromis de Luxembourg, transformation de la Commission
en gouvernement de l'Europe, attribution à Bruxelles
d'une compétence exclusive pour la politique étrangère,
etc... (1). Toutes les idées les plus rebattues y
étaient. Mais rien sur la nécessité
de respecter les démocraties nationales, ou de réinventer
les institutions dans la perspective de l'élargissement.
Les eurocritiques étaient très
peu représentés (8 à 10 environ). Pourtant
50 jeunes (près d'un quart des membres) ont signé
une lettre de protestation contre la prédétermination
des votes. Les délégués danois ont
été accusés d'être eurosceptiques,
alors qu'ils ne l'étaient pas (nous sommes bien placés
pour le savoir) : ils avaient seulement eu le culot de demander
de la transparence et de l'honnêteté dans les
débats.
Les institutions européennes nous
ont habitués depuis longtemps à ces auditions-bidon
où tout est joué d'avance, véritable
insulte à l'intelligence des observateurs. Nous en
sommes las, mais nous ne sommes plus les seuls.
-----------------------
(1) et accessoirement suppression des sessions du Parlement
européen à Strasbourg.