ACTUALITES > LA CONVENTION SUR L'AVENIR
DE L'EUROPE
Communication de la Commission
"Un projet pour l'Union européenne"
22 mai 2002
La Commission européenne
a présenté le 22 mai sa première communication
à la Convention sur l'avenir de l'Union. Son idée
directrice est simple : pour répondre aux besoins
de coopération accrus en Europe, il faut davantage
de "communautarisation" des institutions, donc
davantage de pouvoirs pour la Commission.
Cette communautarisation croissante devrait
nécessiter, en contrepartie, la mise en place d'un
contrôle démocratique de même niveau.
Lors de la Conférence des Présidents du 22
mai 2002, Romano Prodi a déclaré que dans
ce but, il faut "jeter les bases d'une démocratie
supranationale".
Georges Berthu lui a fait remarquer que
pour établir une démocratie supranationale,
il faudrait d'abord avoir un peuple européen unique,
ce qui ne paraît pas envisageable à vues humaines.
Dans ces conditions, n'est-il pas dangereux de transférer
massivement des pouvoirs à Bruxelles, alors que le
contrôle démocratique correpondant va se faire
attendre ? Ne faudrait-il pas explorer en priorité
d'autres voies de coopération, et d'abord celles
qui s'appuient sur les démocraties les plus effectives,
les démocraties nationales ?
Romano Prodi a répondu en substance
que si l'on pose le problème de cette manière,
"on ne progressera pas". Il a ajouté que
cette situation serait inacceptable "pour nous qui
voulons une communautarisation". C'est un parfait raisonnement
circulaire.
Bien entendu nous pensons qu'il faut poser
le problème sous l'angle de la démocratie,
et que de cette manière on progressera bel et bien,
même si ce n'est pas sous la forme voulue par Romano
Prodi. On progressera dans le sens de la réconciliation
de l'Union avec ses peuples, et on construira une Europe
plus solide.
(sur la notion de "démocratie
supranationale", voir
l'article de Georges Berthu)