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ACTUALITES > LA CONVENTION SUR L'AVENIR DE L'EUROPE


Candidature de la Turquie : le débat de ces dernières semaines met en lumière l'erreur de méthode de la Convention
par Georges Berthu, le 6 décembre 2002

Lors de la séance plénière du Parlement européen du 4 décembre 2002, Georges Berthu, prenant la parole au sujet de la préparation du Conseil européen de Copenhague, a contesté les déclarations du Président du Parlement (qui avait lui-même contesté la position de VGE sur la Turquie), et en a tiré les conséquences pour l'ordre du jour de la Convention. Voici le texte de son intervention :

Monsieur le Président,

Le Conseil de Copenhague qui se réunit la semaine prochaine aura une première grande mission : conclure les négociations d'adhésion avec 10 pays candidats. Il faudra vaincre quelques difficultés financières de dernière minute, mais nous avons bon espoir, et nous nous réjouissons notamment que la France se montre disposée à examiner favorablement les nouvelles propositions de la présidence danoise. Elles représentent certes quelques dépenses supplémentaires. Mais l'enjeu en vaut la peine. Et il ne faut pas oublier que le Conseil de Bruxelles, en octobre dernier, avait retiré un montant à peu près équivalent de l'aide structurelle aux nouveaux membres. Tout devrait donc s'équilibrera à peu près.

Le deuxième grand sujet à l'ordre du jour de Copenhague sera la candidature de la Turquie. Nous partageons le sentiment de Valéry Giscard d'Estaing pour qui, dans l'état actuel des choses, l'adhésion de la Turquie signifierait la fin de l'Union européenne. Nous l'avions d'ailleurs déjà exprimé à plusieurs reprises dans cet hémicycle. Le Conseil d'Helsinki, en 1999, a commis une lourde erreur, hélas non pas corrigée, mais confirmée depuis. Cette erreur, de la part de l'Union, montre la méconnaissance de ce qu'elle est, et l'ignorance de ce qu'elle veut.

Pat Cox, président du Parlement européen, a laissé entendre que Valéry Giscard d'Estaing, en prenant position, était sorti de son rôle. Je ne le crois pas. Car précisément, comment la Convention pourrait-elle élaborer des propositions sur l'avenir de l'Union, sur ses institutions, sur ses politiques, si elle n'a pas répondu d'abord aux questions : qu'est-ce qui nous rassemble ? Quel est notre modèle pour l'Union à échéance de 50 ans ? Où doivent s'arrêter ses frontières ? Valéry Giscard d'Estaing est donc exactement dans son travail lorsqu'il soulève indirectement ces questions.

En fait, à notre avis, la Convention, sous l'influence de je ne sais qui, s'est lancée trop vite dans la préparation de propositions techniques, sans avoir répondu d'abord aux questions politiques fondamentales qui les commandent. Il faut rapidement redresser la barre, dans l'intérêt de l'Europe.

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