ACTUALITES > LA CONVENTION SUR L'AVENIR
DE L'EUROPE
Rapport de VGE à Séville
(2) - Tensions révélatrices sur le calendrier
de la Convention
27 juin 2002
Après avoir entendu le rapport
de VGE, les chefs d'Etat et de gouvernement réunis
à Séville lui ont exprimé un soutien
"chaleureux" (le mot est de Giscard lui-même),
mais se sont contentés dans leurs conclusions écrites
d'un paragraphe (n° 2) extrêmement laconique à
ce sujet.
On y a découvre en particulier que
le Conseil européen "souhaite" que la Convention
"aboutisse, dans les délais prévus,
à un résultat positif dans la perspective
de la CIG décidée à Laeken en vue de
la révision des traités".
Quels sont ces "délais prévus"
? A l'annexe 1 des conclusions de Laeken, on voit, sous
le titre "Durée des travaux" : "La
Convention tiendra sa séance inaugurale le 1er mars
2002... Les travaux s'achèveront après une
année, à temps pour permettre au Président
de la Convention d'en présenter les résultats
au Conseil européen".
Il y a dans ce texte une toute petite ambiguïté
: on ne sait pas si le Conseil européen visé
est le Conseil intermédiaire qui se tiendra vers
le 15 mars 2003, ou bien le Conseil principal qui clôturera
la présidence grecque, à la fin de juin 2003.
Mais ce qui est certain en revanche, c'est que la limite
ultime ne peut pas se situer au-delà.
Or cette situation déplaît visiblement
à VGE qui voudrait disposer d'un délai plus
long, officiellement pour présenter une proposition
unique.
Quels sont les enjeux ?
Sachant que l'activité de la période
juillet-août 2003 va être ralentie par les vacances,
les chefs d'Etat et de gouvernement souhaiteraient disposer
de quelques mois de réflexion et de discussion entre
la fin de la Convention et le début de la CIG (laquelle
selon la déclaration n° 23 de Nice, doit commencer
en 2004).
Certains fédéralistes au contraire
espèrent pouvoir manipuler la Convention afin d'aboutir
à une proposition unique allant très loin
dans le sens de l'intégration supranationale. Dans
cette optique, ils souhaitent réduire la période
séparant la Convention de la CIG, afin de placer
les chefs d'Etat et de gouvernement devant un fait quasi-accompli,
en limitant leurs possibilités de préparer
des solutions alternatives.
Mais d'autres fédéralistes
estiment au contraire qu'il faut conclure la Convention
rapidement, afin de profiter au maximum de la position stratégique
du Parlement européen et de la Commission (qui "jouent
à domicile"), et de l'affaiblisement des repères
des parlementaires nationaux dans le monde de Bruxelles.
A vrai dire, des antifédéralistes font le
même raisonnement, avec un objectif inverse : faisons
durer la Convention, afin de laisser le temps aux représentants
des Parlements nationaux de relever la tête et de
s'organiser.
Giscard, lui, se réfugie derrière
des arguments techniques : l'ampleur du travail à
réaliser plaiderait pour l'allongement ...