Edito de Juillet 2010
Publié le 20/07/2010
Directive sur les emplois saisonniers : une menace pour les étudiants européens
La Commission européenne a présenté en début de semaine un projet de directive sur l'emploi des travailleurs saisonniers issus de pays tiers. Il prévoit de faciliter les procédures d'admission de ces travailleurs et les réadmissions au sein de l'Union dans le cas d'un emploi saisonnier ultérieur. Si elle évoque la garantie des droits égaux à ceux des travailleurs membres dans divers domaines, elle ne prévoit pas en revanche que ceux-ci soient employsé à salaire ou à temps de travail égal.
Ces emplois, traditionnellement convoités par les étudiants pour payer leurs vacances ou les frais liés à leurs études, risquent de se retrouver préemptés par des travailleurs issus de pays du Sud, dont les attentes en matière sociale sont souvent très réduites. Une véritable concurrence déloyale qui risquerait de porter un rude coup aux étudiants, déja considérablement menacés par le projet du Gouvernement français qui propose de supprimer le cumul APL / demi-part fiscale.
La Commission européenne rappelle son attachement à une adhésion de la Turquie
Catherine Ashton, Haute représentante de l'Union européenne pour la Politique étrangère et Stefan Füle, commissaire européen à l'élargisseement, ont rappelé mardi dernier à Istanbul leur volonté de poursuivre des négociations avancées avec la Turquie, en envisageant avant l'adhésion une coopération plus forte en matière de politique étrangère notamment, tout en se félicitant du rôle de médiateur joué par Ankara au Moyen-Orient. Cerise sur le gâteau, Catherine Asthon a tenu à souligner que l'Union et la Turquie "avaient les mêmes buts".
Des propos plutôt péremptoires et une curieuse conception de la médiation de la part de la Haute représentante. Ankara s'aligne en effet sur des positions géopolitiques de plus en plus pan-islamiques, compte tenu des propos très vindicatifs qu'elle a tenus récemment à l'encontre d'Israël, menaçant ouvertement de rompre ses relations diplomatiques avec l'Etat hébreu. Considérablement renforcée ces derniers mois, la diplomatie turque maintient dans le même temps des rapports privilégiés au beau fixe avec la Syrie ou l'Iran.
L'immigration, nouvelle réponse de la Commission au fléau des délocalisations
Une nouvelle directive présentée mardi dernier par la Commissaire aux affaires intérieures, Cécilia Malmström, prévoit que les multinationales ayant leur siège en dehors de l'Union pourront faciliter le transfert temporaire de leur personnel qualifié vers une filiale établie dans un Etat membre. Une directive qui risque de fragiliser un peu plus la situation de l'emploi des cadres, lourdement atteints par le chômage et la crise.
Dans sa communication, la Commission évoque que cette directive concernerait "le plus souvent des spécialistes et des cadres qui possèdent des connaissances recherchées, propres à leur société, et pour lesquels on ne pourrait trouver aucune main‑d'œuvre de remplacement." Une communication vague, sans garantie nette pour la protection des emplois les plus fragiles ou pour l'égalité salariale entre les travailleurs. Ignorant totalement la structure contrastée du marché de l'emploi au sein de l'UE, la Commission ne tient tout simplement pas compte de la situation vécue par les plus qualifiés, dont certains sont également touchés par le chômage, et connaissent eux-mêmes des difficultés dans leur mobilité[1], [2], [3]. Si des pénuries dans certains secteurs sont réelles, il serait cependant dangereux d'assouplir les règles de transfert du personnel qualifié extra-communautaire, au risque d'assister à une véritable substitution des emplois à leur profit.
Mais pour mieux justifier l'emploi de ressortissants de pays tiers au sein des multinationales, l'Union justifie sa directive en avançant que les procédures actuelles seraient trop complexes pour faire transférer les travailleurs concernés. Ainsi, la Commission propose d'unifier les procédures au sein de l'Union, conséquence directe du Programme de Stockholm adopté en décembre: "La Commission propose d'élaborer un corpus commun de règles instaurant une nouvelle procédure accélérée d'entrée sur le territoire de l'UE (délai de 30 jours, permis combiné de travail et de séjour) dont bénéficierait un groupe ciblé de travailleurs hautement qualifiés («cadres», «spécialistes» et «stagiaires diplômés de l'enseignement supérieur») issus de pays tiers." Bref, en prétendant résoudre la crise, l'Union ne fait que l'aggraver.
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