Interventions
Interventions Intervention de Philippe de Villiers - 5 février 2013 - Parlement européen, Strasbourg
en présence de Monsieur François Hollande, Président de la République.
Monsieur le Président, Monsieur le Président de la République, mes chers collègues, je vous demande de bien vouloir, par prudence, laisser s'exprimer la minorité dans cette enceinte qui, peut-être, représente, sans doute, représentera demain, si ce n'est pas le cas aujourd'hui, l'immense majorité des peuples à l'extérieur de cette enceinte.
Monsieur le Président, vous avez reçu les félicitations chaleureuses de M. Barroso, de la Commission de Bruxelles. Cela vous a satisfait; cela m'inquiète. Vous avez eu un mot, dans votre propos, qui est juste: vous craignez la défiance des peuples européens. Peut-être ce mot vous est-il inspiré par votre voisin, qui a voté "non" en 2005, lors de la dernière consultation référendaire. Pour le reste, le "conte de fées", pour reprendre une expression utilisée il y a un instant, continue.
Monsieur le Président, je voudrais vous dire solennellement, et de façon respectueuse et cordiale, que votre rêve de la fusion des nations européennes par l'intégration, le rêve des élites post-nationales, est un rêve qui s'est évanoui dans le cœur des peuples. Il s'est désintégré parce qu'il était tramé dans un tissu de mensonges: le mensonge de Schengen, qui devait nous apporter la sécurité en abattant les frontières internes; le mensonge d'une Europe sans protection douanière, qui devait nous apporter la prospérité, le courant des échanges – la fin de notre industrie est là, vous le savez, et M. Montebourg le déplore tous les jours –; puis aussi l'euro, qui devait nous apporter la croissance; et puis, le pouvoir d'une oligarchie à Bruxelles, qui devait finalement rencontrer la confiance des peuples.
Aujourd'hui, les peuples s'éloignent, parce que, partout c'est l'austérité, l'appauvrissement, le marasme et le sentiment d'un pouvoir de plus en plus lointain. Alors on ne résout pas un problème, Monsieur le Président, avec les modes de pensée qui l'ont engendré. Aujourd'hui, ce que nous attendons de vous, c'est que vous prononciez un mot tabou dans cette enceinte, un mot tabou dans le milieu confiné où se rencontrent les banquiers et les marchés, les milieux d'affaires et les grands profiteurs de la mondialisation sauvage: il s'agit du mot référendum.
Pour que les peuples puissent exprimer leurs aspirations profondes, on a besoin de racines, on a besoin de frontières, on a besoin de protection, on a besoin d'un univers juridique stable, on a besoin de ne pas perturber le droit de la filiation, on a besoin que vous protégiez nos attachements vitaux. Monsieur le Président, vous avez évoqué François Mitterrand. Nous appartenons tous les deux à la génération qui a vu avec bonheur tomber le Mur de Berlin. Prenez garde, Monsieur le Président! Ne marchez pas trop sous le Mur de Maastricht. Il pourrait s'effondrer sur vous.
Explication de vote - Politique commune de la pêche
Politique commune de la pêche - Rapport Rodust
Avec ce rapport sur la réforme de la politique commune de la pêche, le Parlement tente, par des amendements, de contrecarrer quelque peu une Commission de Bruxelles sourde aux revendications et qui campe sur des positions très restrictives mettant en péril l'avenir de nos pêcheurs.
Bruxelles cherche à imposer à une profession déjà affaiblie par les importations étrangères des politiques de pêche dictées par une vision idéologique et technocratique ouvrant la porte aux dumpings sociaux, environnementaux et sanitaires. Le principe du rendement maximal durable réduira encore le nombre de pêcheurs en activité, ce qui déstabilisera encore davantage les régions côtières. L'infantilisation d'une profession noble qui participe à la sécurité alimentaire européenne en proposant des produits de qualité est outrageuse.
Si certains amendements vont dans le bon sens, nous ne pouvons mettre en péril les pêcheurs français et leur activité.
Explication de vote - Budget européen pour l'année 2013
Budget de l'Union européenne pour l'année 2013
Comme tous les ans, et particulièrement en cette période de crise, l'Union européenne se moque des citoyens et des contribuables. La Commission et le Parlement se liguent contre les États un peu plus soucieux de limiter le gaspillage.
Le contribuable est pris en otage. La demande d'augmentation du budget européen à hauteur de 151 milliards d'euros pour répondre à des impératifs insensés, des projets et des stratégies illusoires est une imposture; l'Union européenne se présentant comme la solution aux problèmes qu'elle a elle-même créés.
Le citoyen est également méprisé lorsque l'UE distribue plus d'un milliard et demi d'euros en crédits de préadhésion, dont une grande partie à destination de la Turquie, dont l'économie est florissante.
Explication de vote - Cadre financier pluriannuel 2014-2020
Rapport Giovanni La Via, Derek and Vaughan (A7-0311/2012 )
Dans ces rapports sur les principes budgétaires pour 2013 et le cadre financier pluriannuel d'ici 2020, le Parlement, allié traditionnel de l'omniprésente Commission, tente d'écarter peu à peu les États via l'instauration de ressources propres pour l'Union.
Ces tentatives ont bien été contrées jusqu'à présent, mais pour combien de temps encore? Une telle perspective permettrait à l'UE d'évoluer sans le moindre contrôle démocratique des États membres.
Des réductions marginales sont mises en avant tandis que la fraude demeure et qu'entre autres la quarantaine d'agences européennes à l'utilité contestable continueront d'être largement servies, la Turquie subventionnée et la propagande largement financée.